03 novembre 2009
TRIBUNE DE BENOIT HAMON : SAUVONS LES RICHES, TAXONS LES ACCIDENTES !
Dans quel aveuglement, étions-nous. Et dans quelle erreur ! Naïvement nous pensions que les accidentés du travail étaient des victimes. Les victimes d’une guerre économique innommée, qui prend l’intérieur des entreprises, pour théâtre des opérations. Des victimes de masse d’ailleurs : 720 150 accidents avec arrêt par an, 46 436 accidents avec incapacité permanente, 37 millions de journées d’indemnisation, 700 morts, 4500 mutilés. Des victimes mal indemnisées, qui perçoivent 80 % puis 60 % seulement d’un salaire journalier assez faible, lié aux métiers d’exécution d’où proviennent la plupart des accidents du travail. Nous pensions les accidentés frappés par les franchises médicales, les déremboursements de soins. Nous savions irréparables, souvent, les conséquences sur leurs carrières.
Nous avions tort. Les accidentés du travail sont des privilégiés. Les députés UMP le rappellent justement qui, par voie législative, proposent d’imposer leurs indemnités jusqu’alors épargnées. Cela rapportera 150 millions d’euros. Pour les accidentés, pourquoi accepter ce "passe-droit" fiscal, jusqu’alors toléré ?
Pourquoi l’accepter, quand la France est déjà leader mondial des « niches fiscales ». En 2009, 464 dispositifs d’optimisation fiscale ont permis aux contribuables généralement les plus aisés d’économiser 70 milliards d’euros d’impôts ! Alors, autant mettre à contribution les accidentés du travail. N’est-ce pas la réponse appropriée ?
Ce "passe-droit", pourquoi leur était-il consenti ? Après tout, des passe-droits, n’y en-a-t-il pas assez ? Avec le bouclier fiscal, les baisses de l’impôt sur la fortune, les allègements des droits de mutation et de succession, le prélèvement forfaitaire libératoire sur les dividendes, le crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt immobilier…Sur les 11 milliards d’euros par an de réduction d’impôt décidés par le gouvernement, 70 % profitent aux 20 % des foyers les plus aisés. Alors, oui, il était grand temps d’agir. Et urgent, vraiment, de récupérer 150 millions dans les poches des accidentés du travail.
Cet été, Christian a eu le bras broyé dans un chantier Fiscalement, il est devenu privilégié. Etait-ce plus longtemps tolérable ? Éric s’est fait amputer de plusieurs doigts par sa machine. Fiscalement, il est devenu privilégié. N’est-ce pas dérogatoire à l’égalité ? Michèle, épuisée par la mobilité forcée, les objectifs intenables, les harcèlements perpétuels du "new management", s’est enfoncée dans la dépression. Yohann a chuté d’un échafaudage, il est paralysé. Fiscalement, ce sont des privilégiés. Cela pouvait-il durer ?
Certes, la Caisse nationale des accidents du travail et des maladies professionnelles est excédentaire du fait des sous évaluation qui reportent les frais sur la Caisse d’assurance maladie. Ne pas toucher aux indemnités des accidentés du travail était possible.
Aurait-ce été juste ? Les accidentés du travail n’ont, après tout, perdu que la santé, perdu qu’un membre, perdu qu’une vie passée au travail, généralement pour rien, perdu qu’un avenir, perdu que leurs revenus, perdu parfois une vie familiale. Grâce aux députés UMP, l’administration fiscale saura, elle, ne pas les perdre de vue.
Vestige, la République porte toujours, à son fronton, ce mot devenu vide de sens : "fraternité !" Mais si l’on veut fiscalement sauver les riches, il faut bien taxer les pauvres. Atomisés, ils ont le bon goût de se défendre rarement. Et des beaux quartiers, nul jamais ne les voit. Les pauvres ne doivent-ils pas manifester quelque solidarité envers les plus fortunés, de moins en moins imposés ?
Les 150 millions d’euros ramassés là, sur les accidentés du travail, certainement serviront. Lors du récent rachat par BNP Paribas, avec six mois d’avance, des 5,1 milliards d’euros d’actions de préférence souscrites pendant la crise par l’Etat français, ce dernier n’a touché aucune plus-value. L’État a dû se contenter de 226 millions euros d’intérêts alors qu’il aurait pu, au regard de l’évolution du cours de BNP Paribas, encaisser 5,8 milliards d’euros.
Tout est dit. Comparons les volumes financiers. Comparons les populations ciblées, les clientèles exonérées.
Tribune signée par Nathalie Arthaud (Porte-parole de Lutte Ouvrière), Olivier
Besancenot (Porte-parole du NPA), Martine Billard (Députée écologiste),
Gérard Filoche (inspecteur du travail, PS), Benoit Hamon (Porte-parole
national du PS), Pierre Laurent (Coordinateur national du PCF), Willy
Pelletier (Coordinateur général de la Fondation Copernic) et publiée dans L'Humanité en date du 2 novembre 2009.
La pétition contre la taxation des indemnités des accidentés du travail peut être signée en ligne sur www.non-taxation-at.net
15 octobre 2009
NE MANIFESTATION FEMINISTE EN 2009 : QUELLE IDEE !, PAR CAROLINE DE HAAS
C’est
souvent avec intérêt, parfois avec étonnement que sont reçus les tracts d’appel
à la manifestation du 17 octobre diffusés par les militantes et les militants
féministes. Quelle drôle idée d’organiser, en 2009, une manifestation pour l’égalité
entre les femmes et les hommes ?
L’idée
n’est pas venue toute seule : elle est née dans la mobilisation de l’hiver
dernier pour la défense du Planning Familial. Près de 150 000 personnes
avaient alors signé la pétition pour refuser la disparition programmée de l’association
et fait reculer le gouvernement.
La
mobilisation massive a mis en lumière les inégalités énormes qui existaient
encore dans notre société et a permis de montrer que la mobilisation était
possible et nécessaire.
Nécessaire
pour les femmes d’abord. En France, elles constituent encore 82 % des
travailleurs précaires et les écarts de salaires, qui s’étaient réduits depuis
une cinquantaine d’année, stagnent lamentablement au-dessus des 20 %. Pour ce
qui est des violences physiques, on est passé d’une femme tuée tous les 3 jours
à une tous les 2 jours et demi ; et une femme est violée toutes les 10 minutes.
Quel que soit le côté vers lequel on tourne notre regard, les femmes sont,
partout dans le monde, dans une situation où elles subissent plus fortement l’oppression
: sociale, économique ou sexuelle.
Nécessaire
également pour chacun et chacune d’entre nous. Les socialistes le savent :
lorsque les droits de plus de 50 % de la population sont inférieurs à ceux de l’autre
moitié, ce sont les droits de tous qui sont tirés vers le bas. L’oppression que
subissent les femmes est un vecteur de désagrégation sociale pour l’ensemble de
la société. Le combat féministe n’est donc pas un combat uniquement des femmes
pour leurs droits. Il est un combat de l’ensemble des salariés pour l’émancipation.
Et il est un combat éminemment socialiste.
En
2009, sous le coup de la crise économique et sociale, accentuée par les
politiques du gouvernement, la situation se dégrade dans plusieurs domaines. Le
droit à l’avortement n’est aujourd’hui plus une réalité dans tous les départements.
Les restrictions budgétaires dans les hôpitaux entrainent la fermeture de
centres d’orthogénie. Autre exemple récent : alors que les femmes touchent 600€
de moins par mois que les hommes pour leur retraite, le gouvernement a tenté en
cette rentrée de s’attaquer au soi-disant "avantage" que constituaient les 8 semestres
de bonification pour les mères de famille salariées. En matière de droits des
femmes, "acquis" ne fait donc pas réellement partie du vocabulaire.
Peu
de lois féministes se font naturellement. Elles ont toujours été le fruit de
mobilisations féministes, mobilisations auxquelles le Parti Socialiste a su
donner un débouché politique. Cette mobilisation du 17 octobre doit permettre
de faire évoluer le rapport de force dans la société pour que la gauche soit
poussée à faire avancer l’égalité lorsqu’elle en aura les moyens. Le PS est
encore loin du compte : il n’y avait que 22 % d’intervenantes à La Rochelle, il
n’y aura que 3 têtes de liste femmes aux régionales et lorsqu’on regarde qui
écrit, produit, intervient dans et pour le parti, on se dit qu’il y a peu d’espaces
pour permettre aux femmes de progresser et d’accéder aux responsabilités.
Pour
renverser cet ordre établi qui bloque chaque jour l’émancipation de millions de
femmes qui subissent au quotidien la violence, la précarité, l’impossibilité de
mener de front vie professionnelle et vie familiale, il faudra au Parti Socialiste
beaucoup de force lorsqu’il reviendra au pouvoir. Il faudra d’ici là beaucoup
de détermination pour les militants féministes pour lui en donner l’envie. Et
cela commence samedi, dans la rue !
Source : Bulletin de liaison d'Un Monde d'Avance, BLUMA, n°24, 14 octobre 2009. Caroline de Haas est déléguée nationale et militante d'Osez le féminisme !
09 octobre 2009
CONTRE LA PRIVATISATION DE LA POSTE, CONTINUONS LE COMBAT !, PAR PASCAL CHERKI
La votation citoyenne sur le
refus de la privatisation de la Poste constitue un formidable succès. L’objectif
de 1 million de participants a été pulvérisé avec plus de 2 millions de
signatures recueillies.
La considérable mobilisation des militantes et des militants de plusieurs dizaines de partis, syndicats et associations, qui constituent le coeur battant de la gauche, a permis d’organiser cette votation dans des milliers de bureaux de vote dans tout le pays. Il n’y a qu’à voir les réactions mesquines et agressives des membres du gouvernement et des porte-parole de l’UMP pour mesurer le profond désarroi qui a saisi la droite. Les militantes et les militants d’Un Monde d’avance ont été les fers de lance socialistes de cette belle mobilisation unitaire. Le combat doit continuer. Puisque que le gouvernement fait la sourde oreille il faut amplifier la mobilisation. Une nouvelle consultation doit être organisée avant le début de l’examen du projet de loi au parlement. Cette fois-ci le collectif national doit se donner l’objectif d’atteindre les 5 millions de signatures. Cela nécessite de doubler nos points de vote. Avec 20 000 points de vote et 250 signatures en moyenne par point de vote, l’objectif des 5 millions peut être atteint. La mobilisation n’a pas atteint son pic culminant, il faut donc battre le fer tant qu’il est chaud.
Le Parti Socialiste doit maintenant engager toutes ses forces dans cette bataille. Lui aussi doit monter en puissance. Il doit donner comme mot d’ordre d’apposer au fronton de toutes les mairies qu’il dirige des banderoles refusant la privatisation de la poste. Il doit sortir une affiche et des autocollants pour s’opposer à la privatisation de la poste. Dans tous les conseils municipaux et les conseils généraux et régionaux, des motions de refus de la privatisation de la poste doivent être votées. Un tract national spécifique doit être réalisé et distribué par toutes les sections. La place des socialistes, de tous les socialistes et pas simplement de nos militantes et militants de la motion C, doit être dans cette mobilisation unitaire de la gauche pour faire reculer le gouvernement. En tout cas, en ce qui nous concerne à UMA, cette bataille n’a pas cessé d’être notre priorité et elle le deviendra encore plus chaque jour qui passe.
Pascal Cherki est Conseiller de Paris, Maire du 14e arrondissement et Secrétaire générale d'Un Monde d'Avance (UMA).
08 août 2009
UNIVERSITES DE RENTREE UN MONDE D'AVANCE
Les universités de rentrée Un monde d’avance se tiendront cette année à Port d’Albret, Vieux-Boucau, dans les Landes.
Alors que le scrutin des européennes est un échec pour le PS, il exprime également une stabilité du rapport de force droite/gauche en comparaison avec les scores de 2004. Les voix se sont en fait redistribuées au sein même de l’électorat de gauche mettant à mal la place centrale du PS comme principal parti d’opposition. Cet avertissement appelle une dynamique de rassemblement de la gauche qui permette de nous dépasser dans un but de reconquête du pouvoir lors de l’élection présidentielle. Cette perspective est la seule qui permette de redonner du souffle aux militants et aux sympathisants de gauche, las des impasses dans lesquelles nous les avons menés.
Dans une période de crise, traduction d’un modèle à bout de souffle, nous devons être ceux qui travaillent à un nouveau paradigme pour la gauche, boussole pour l’ensemble des forces de progrès. Nos universités seront le point de départ de cette refondation. C’est par ce travail de rassemblement, de confrontation de nos projets, de débats sans préalables avec la gauche politique, sociale, syndicale et associative que nous souhaitons reconstruire une perspective majoritaire en phase avec les mouvements de la société.
Ces universités sont ouvertes à toutes les familles de la gauche qui partagent cet objectif.
Nous vous invitons à être nombreux lors de cette étape essentielle de la reconquête pour mener à bien cette tâche.
Télécharger le BULLETIN d'inscription aux Universités de rentrée d'Un Monde d'Avance.
